Dans les bras de Montbel … Introduction

Dans les bras de Montbel … Introduction

Le nom de cette série s’est imposé. Comme une évidence. Comme un cri.

Naturellement, vu mon état d’esprit à ce moment, je souhaitais y parler d’amour. Pas du bel amour, non, mais de celui qu’on perd. Qu’on pleure. Qui nous déchire. Un chagrin de ceux qui vous rongent le ventre et vous hantent à chaque instant de la journée. De ceux qui transforment les couleurs chatoyantes en nuances de gris terne. Qui aspirent toute volonté. Qui transforme la beauté du voyage en tourbillon d’émotions paralysantes. Qui nous apprennnent au fond de nous que rien n’est immortel et que la souffrance nous rappelle à la vie. Qu’il nous faut le rebond au fond de l’obscure solitude pour y puiser une eau nouvelle. Rien de mieux qu’un lac qui porte ce nom pour aborder les thèmes du pardon, de l’oubli, de la solitude.

Mais quelle difficulté, quelle clarté d’esprit il faut pour écrire sur ces sujets ! Je bloque depuis quatre mois. Quatre mois de silence pour vous. Quatre mois de tourbillon de mots/maux pour moi. J’ai rempli des carnets entiers à la recherche des mots justes qui traduiraient ma pensée et la rendraient intelligible. Qui soient dans l’intime mais pas dans l’indécent. Qui en disent suffisamment pour résonner avec vos vécus propres sans pour autant s’enliser dans une gerbe malodorante de victimisation et d’accusation contre l’être jadis tant aimé, ce qui aurait été une insulte à l’amour que nous avons partagé et à votre intelligence, faisant de vous des voyeurs et non plus des compagnons qui m’accompagnent et voyagent à mes côtés grâce aux mots.
La série est brouillonne, bouillonne, vivante et brûlante comme l’eau sur le feu. Je décide de rompre aujourd’hui le silence que tant d’entre-vous ont interrogé.
Pardonnez-moi mes confusions. Ces mots, comme tout mot, ne représentent qu’une vérité passagère, celle d’un moment fugace que je regarderai bientôt, loin derrière, avec tendresse et compassion. Lorsque l’être que j’ai été à ces instants aura laissé place à celle que je serai demain.

Je me suis blottie dans les bras de Montbel, vous y avait donné rendez-vous. Lorsque je suis arrivée à Montbel, j’aurais pu me laisser sombrer dans les marécages de la mélancolie et du désespoir. Comme un écho à la mélopée de mes émotions, Montbel m’a attrapé, m’a paralysé, incapable de quitter le lac pendant presque dix jours. Je me suis enlisée dix jours là bas, sans pouvoir reprendre la route.
Circonstances, pensées, rencontres, sortilèges, magie de la vie, pardon, rituel, oubli… je vais vous partager un petit bout de vie qui aurait pu être celui de n’importe qui, à n’importe quelle époque.

Certains auront reconnu dans les marécages de la mélancolie la référence à l’Histoire Sans Fin, de Mickael Ende, avec lequel j’aimerais terminer cette introduction à cette série par une citation, directement tirée du livre:

“Qui n’a jamais versé, ouvertement ou en secret, des larmes amères en voyant se terminer une merveilleuse histoire et en sachant qu’il allait falloir prendre congé des êtres avec lesquels on avait partagé tant d’aventures, que l’on aimait et admirait, pour qui l’on avait tremblé et espéré, et sans la compagnie desquels la vie allait paraître vide et dénuée de sens.”

By | 2019-07-17T17:44:21+00:00 July 17th, 2019|Last news|0 Comments

About the Author:

La trentaine, anciennement juriste en Droits de l’Homme et journaliste, je suis spécialisée sur les questions de migrations. Pour moi, NoMad c’est la réalisation de mon rêve d’enfant qui ne m’a jamais quitté: être aventurière. L’idée de ce blog, c’est le partage de ce rêve, des techniques, des gens rencontrés par NoMad, c’est de créer le lien qui nous permettra d’échanger un jour.

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